Qu'est-ce que c'est le canyoning ?
Parcourir et découvrir une gorge dans lequelle l'emploi de technique
spécifique est nécessaire pour la progression. Le canyoning
est une activité essentiellement ludique. Il s'agit avant tout
de s'éclater en pleine nature et au soleil !
Si le côté "fun" est évident, il ne doit
pas cacher d'autres aspects de ce sport. En effet, le canyoning est
une activité qui peut-être dangereuse, elle nécéssite
un équipement adapté et une parfaite connaissance des
manoeuvres de cordes et de dégagement.
Les débuts du canyoning
C'est au début du siècle que commence l'exploration des
canyons. Bien avant, certains canyons faciles d'accès étaient
connus des pêcheurs téméraires. En France, dès
1907, une expédition menée par le célèbre
hydrogéologue E.A Martel, le père de la spéléologie,
a exploré les canyons les plus évidents du pays basque.
Par contre la descente d'autres gorges opposera des obstacles et des
cascades difficiles à surmonter avec le matériel de l'époque.
Il faut souligner que la courageuse équipe de Martel s'attaque
aux canyons avec les lourdes échelles spéléo, les
barques en bois, et un matériel rudimentaire... La clue de Daluis
dans la vallée du Var, dans les Alpes-Maritimes, a été
parcourue en 1906 par Janet et Martel. Quant à la toujours célèbre
clue d'Aiglun dans la vallée de l'Esteron (Alpes-Maritimes) qui
repoussa Martel en 1906, elle a été parcourue pour la
première fois en 1928 par Jacques Moreau, en deux étapes,
l'une par l'amont, et l'autre par l'aval. Première descente complète
du grand canyon du Verdon en quatre jours en 1905 par E.A. Martel, Janet
et leurs équipiers, avec du matériel lourd, bateaux, échelles...
Le canyoning devient un sport
Aux alentours de 1985 l'activité canyoning connait un essor croissant.
Pratiqué à l'origine par des spéléologues
ou alpinistes a la recherche de nouvelles sensations, le canyoning devient
un sport à part entière. Les canyons des Alpes et des
Pyrénés sont systématiquement explorés et
les premiers topo-guides sont édités. D'autres région
du monde s'ouvrent au canyoning, par exemple: l'ile deLa Réunion
et de Majorque, le Maroc, etc.
Actuellement
Aujourd'hui bon nombre d'adeptes se lancent dans des descentes de facon
individuel ou par l'entremise d'organisation d'activités de loisirs.
Les techniques employées en canyoning se sont affinées
et sont devenues spécifiques au canyoning. Il y a actuellement
du matériel fabriqué spécifiquement pour l'activité.
L'équipement
L'équipement du canyoneur (canyoniste?) alpin est composé,
selon le parcours, d'une combinaison en néoprène de 4
à 6mm, d'un casque, d'un baudrier garni de deux longes et d'un
descendeur "en huit", de chaussures et d'un gilet d'aide à
la flottabilité. A cet attirail qui suffit pour progresser vient
s'ajouter toute une série d'objets indispensables à la
sécurité, et qui peuvent éviter bien des drames:
un bloqueur, un croll, une longe à "noeud valdotain",
toute une collection de "huits", de la sangle et de la cordelette,
un couteau (et oui, il faut pouvoir couper la corde!). De plus le kit
devrait contenir des vêtements secs et des allumettes, on ne sait
jamais... Evidemment, le canyoneur fini par se transformer en Goldorak
des torrents, mais tout ce matériel est venu progressivement
s'ajouter à celui de base suite à des accidents qui auraient
eu une issue moins dramatique si les protagonistes l'avaient eu à
disposition.
Progression
La progression dépend des obstacles rencontrés en route.
Ils peuvent êtres de différente nature:
Les cascades
Elles ne s'équipent plus "en rappel" (corde à
double), mais avec un système (noeud de cabestan ou dispositif
sur un huit à l'amarrage) qui permet de descendre sur corde simple
fixe. Ceci permet de remonter en cas de problème ou de se dégager
d'une tête d'alouette, voir à l'équipier qui est
resté en haut de "mouliner" un blessé.
Les sauts
Le meilleur moment! Il s'agit de franchir de petites cascades (jusqu'à
20 mètres parfois) en sautant dans la vasque de réception.
Cette méthode demande à l'un des équipiers de se
sacrifier en descendant sur corde pour aller vérifier que le
bassin est assez profond et exempt de tous obstacles. Cette vérification
est indispensable à chaque fois.
Les mouvements d'eau
Il faut savoir lire l'eau quand on pratique le canyoning. Les mouvements
d'eau dans les vasques peuvent êtres des pièges fatals.
Si l'on est pas très versé dans cet art, il vaut parfois
mieux renoncer et rentrer à pied (quand c'est possible!) .
Les toboggans
Les toboggans sont de longues "cascades" semi-horizontales.
Le top c'est de se laisser glisser sur le dos tout le long, et de finir
par un plongeon dans la vasque de réception... Hurlements et
fous-rires garantis! Les mêmes précautions que pour les
sauts doivent s'appliquer.
La nage
C'est facile quand il n'y a pas de mouvements d'eau trop violents. C'est
un art complexe quand il s'agit de se diriger malgré de furieux
courants.
La marche
C'est la croix du canyonneur: rien de pire que de marcher dans 20 cm
d'eau en plein mois d'août, une combi néoprène bien
plaquée à la peau, en espérant atteindre au plus
vite la prochaine cascade!
Petite conclusion
Le canyoning, c'est super: on s'éclate. C'est vrai que ça
ne sert absolument à rien, si ce n'est à se faire plaisir,
mais justement, c'est une raison amplement suffisante!. Pratiqué
avec prudence et en parfaite connaissance des risques, le canyoning
est certainement l'activité la plus ludique de tout l'éventail
des sports de montagne.